Accueil > Aéro > Boeing 787, les désillusions des fournisseurs français

Boeing 787, les désillusions des fournisseurs français

L’avionneur américain ne livrera son long-courrier que fin 2010, au mieux. Un retard qui met en difficulté ses fournisseurs français, jamais aussi présents sur un programme Boeing.

Douche froide. Pour Radiall, fournisseur francilien de composants électroniques, l’annonce du nouveau retard du programme 787 de Boeing est un coup dur. Son usine d’Obregon, au Mexique, construite en priorité pour équiper le long-courrier de l’avionneur américain, tourne au ralenti. Et cela devrait durer. Avec bientôt deux ans et demi de retard sur le calendrier initial, on est loin des cadences attendues, quand Radiall envisageait la possibilité d’augmenter son effectif mexicain de 200 à 500 salariés pour répondre aux pics de production. Et les conséquences financières sont brutales: « C’est un manque à gagner d’environ 50 millions d’euros par an », indique un dirigeant de l’entreprise. Soit le quart du chiffre d’affaires réalisé par la société en 2008.

Radiall n’est pas seul à passer du rêve au cauchemar avec le 787 Dreamliner. C’est toute la « French Team » de Boeing qui a la gueule de bois. Il s’agit d’une douzaine de fournisseurs fédérés par l’avionneur de Seattle pour profiter du savoir-faire hexagonal en matière de composites et d’équipements électriques. La déception est d’autant plus grande et l’impact douloureux que jamais les équipementiers français n’avaient été aussi nombreux et présents sur un programme Boeing. Thales fournit le système de conversion électrique et les équipements multimédia pour les passagers, Labinal (Safran) le câblage, Radiall, Souriau et Deutsch la connectique, Messier-Dowty les trains d’atterrissage de dernière génération, Zodiac le système d’évacuation des eaux usées, Latécoère les portes passagers… Tous se félicitaient à l’époque du démarrage du programme en voyant le carnet de commandes de Boeing et ses 850 appareils vendus.

Mais aujourd’hui, les livraisons de 787 n’ont toujours pas démarré. Les dommages collatéraux pourraient être dramatiques. « Ces programmes soustraités reposent sur le partage de risques entre l’avionneur et ses fournisseurs. Ces derniers ont consenti de lourds investissements pour leur développement R&D, leurs outils de production… et certains ne seront payés qu’à la livraison des appareils. En cas de retard du programme, l’effet sur la trésorerie peut être violent », explique Christian Torrego, spécialiste du secteur aéronautique chez PricewaterhouseCoopers. Pour certains, le manque à gagner est significatif: entre 4 et 5 millions de dollars par avion livré pour Safran ; 3millions pour Thales et 2,5 millions pour Zodiac… Pour Latécoère, Boeing pèsera 20% de son chiffre d’affaires lorsque la production du 787 sera à son point haut. Mais ce n’est pas pour demain…

  1. Pas encore de commentaires.
  1. Pas encore de rétroliens.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.